Le dernier week-end aura offert un duel assez improbable sur Steam. D'un côté, Call of Duty: Modern Warfare 4, nouvel épisode d'une des licences les plus puissantes du jeu vidéo.
De l'autre, WARDOGS, un FPS tactique encore en développement, créé par BULKHEAD et édité par Team17.
Et sur la seule plateforme de Valve, l'écart entre les deux s'est révélé étonnamment faible.
Le playtest organisé du 21 au 23 août — avec une fermeture des serveurs dans la nuit suivante en Europe — avait notamment pour objectif de mettre à l'épreuve l'infrastructure et les systèmes centraux du jeu.
La précommande garantissait l'accès à la bêta, mais les joueurs pouvaient également demander une invitation directement depuis Steam.
La performance est spectaculaire, mais il serait trompeur d'en déduire que WARDOGS possède déjà presque autant de joueurs que Call of Duty.
Les deux valeurs ne représentent que les connexions Steam simultanées. Modern Warfare 4 accueille également sa communauté sur PS5 et Xbox Series X|S.
Surtout, Call of Duty doit encore ouvrir une nouvelle phase de bêta accessible beaucoup plus largement. Son pic Steam pourrait donc évoluer.
Le constat reste malgré tout impressionnant : dans des conditions de test relativement proches sur PC, une nouvelle licence a réussi à se retrouver à seulement quelques milliers de connexions d'un Call of Duty.
BULKHEAD décrit son projet comme un « Tactical All-Out Warfare FPS ».
Le principe repose sur des batailles pouvant accueillir jusqu'à 100 joueurs répartis en trois équipes.
L'objectif n'est pas de devenir le dernier survivant comme dans un Battle Royale. Les trois forces doivent se disputer une zone de contrôle dont l'emplacement varie sur la carte.
Cette zone est sélectionnée dans des cartes beaucoup plus importantes, ce qui doit empêcher les affrontements de se dérouler exactement de la même manière d'une partie à l'autre.
L'une des idées les plus intéressantes de WARDOGS consiste à ne pas limiter la récompense aux éliminations.
Transporter des alliés, effectuer de la logistique, repérer les ennemis, contribuer à la capture ou soutenir son équipe doivent permettre à différents profils de joueurs d'avoir une véritable utilité sur le champ de bataille.
WARDOGS intègre également une économie qui ne disparaît pas automatiquement à la fin de chaque match.
Les joueurs disposent d'argent qu'ils peuvent utiliser pour acheter armes, équipements et véhicules. Le principe est de rendre certaines décisions plus importantes qu'un simple choix effectué pendant quelques minutes.
Acheter immédiatement du matériel coûteux peut offrir un avantage sur le moment, mais les ressources dépensées doivent être gagnées à nouveau.
Cette mécanique doit favoriser une forme de progression collective dans laquelle un joueur peut décider de combattre directement, mais aussi de gagner sa vie en soutenant efficacement son équipe.
Il faudra évidemment attendre le lancement payant pour savoir combien de joueurs intéressés passeront réellement à l'achat.
Une wishlist ne correspond pas à une vente et un playtest ne permet pas non plus de prédire directement la fréquentation plusieurs mois après le lancement.
Les indicateurs disponibles sont néanmoins particulièrement encourageants pour un projet qui n'avait encore aucune licence installée derrière lui il y a quelques mois.
BULKHEAD assume pleinement le fait que le jeu du 10 septembre ne constituera pas une version finale.
WARDOGS sera lancé en Early Access exclusivement sur PC via Steam, avec l'objectif de continuer à faire évoluer son équilibrage, son contenu et ses systèmes grâce aux retours de la communauté.
Pour l'instant, aucune version PS5 ou Xbox Series X|S n'a été annoncée.
L'expression n'est cette fois pas une extrapolation : la page Steam de WARDOGS demande directement aux joueurs de regarder le FPS Games Show et promet « a major announcement that you will not want to miss ».
BULKHEAD ne donne cependant aucun indice sur sa nature. Contenu supplémentaire, feuille de route, partenariat ou autre surprise : mieux vaut donc attendre le 3 septembre plutôt que transformer la promesse en annonce console avant l'heure.
Comparer directement WARDOGS à Call of Duty sur la seule base d'un pic Steam serait évidemment excessif.
Mais réussir à atteindre 105 774 joueurs simultanés avec une nouvelle licence, avant même son accès anticipé, reste un signal difficile à ignorer.
Le concept semble surtout répondre à une demande particulière : celle de joueurs qui veulent retrouver de grandes batailles militaires, du travail d'équipe, des véhicules et de la destruction sans basculer dans un Battle Royale ou un extraction shooter.
Le prochain véritable verdict arrivera donc le 10 septembre. Si une partie importante de cette audience revient au lancement et reste sur le jeu, BULKHEAD pourrait bien tenir l'une des surprises FPS de l'année.